Stigmates

Les stigmates sont les traces des plaies qui furent infligées à Jésus-Christ au cours de sa crucifixion, selon le Nouveau Testament.



Catégories :

Catholicisme - Stigmates - Phénomène paranormal - Parapsychologie - Attribut (iconographie)

Définitions :

  • stigmate - Extrémité supérieure d'un style d'un pistil d'une fleur; Marque, cicatrice que laisse une plaie; Cinq plaies de Jésus-Christ, que, par... (source : fr.wiktionary)

Les stigmates sont les traces des plaies qui furent infligées à Jésus-Christ au cours de sa crucifixion, selon le Nouveau Testament.

La couronne d'épines, la plaie de la main droite et la plaie sur le flanc représentées sur cette statue

Définition

Flagellation de Jésus

Dans l'acception religieuse, stigmates est toujours un nom masculin pluriel, à la différence des significations médicale (plaie, cicatrice), judiciaire (marque d'infamie), militaire (marque faite sur les recrues dans l'Empire romain), botanique et autres stigmates.

À l'imitation de Jésus, diverses personnes ont présenté, dans l'histoire du christianisme, des marques identiques à celles du Christ sur diverses parties de leur corps :

Les personnes présentant ces marques sont dites «stigmatisées».

Histoire

Le plus célèbre des stigmatisés est François d'Assise qu'on représente, séjournant sur le mont Alverne (La Verna ?) en 1224, voyant un séraphin à six ailes flottant dans les airs dont le corps était fixé à une croix, comme celui du Christ. Toujours dans l'iconographie franciscaine une fois la vision disparue, François d'Assise aurait constaté la naissance sur son propre corps de marques identiques à celles qui furent faites à Jésus, marques qui demeurèrent inaltérables (mais qu'il n'a jamais révélées de son vivant). Son corps fut ainsi porteur de deux stigmates qui, selon les versions, n'auraient été découverts qu'après sa mort.

L'Église catholique n'a reconnu comme stigmatisés que François d'Assise et Catherine de Sienne.

Une procédure de reconnaissance a été ouverte concernant Padre Pio lors de sa canonisation ; d'autres ont aussi été béatifiés ou canonisés, comme sainte Rita, saint Jean de Dieu, Marie de l'Incarnation, Anna Katharina Emmerick, Veronica Giuliani, ou Gemma Galgani sans que l'Église les reconnaisse pour stigmatisés.

On peut citer d'autres personnes, non toujours reconnues comme saintes par l'Église comme Thérèse Neumann ou Marthe Robin, pour lesquelles une demande de béatification a été déposée auprès du Vatican depuis plusieurs années.

Interprétations

Représentation des stigmates de Catherine de Sienne

Ces manifestations ont été différemment interprétées. L'Église catholique ne reconnaît que certains cas. Dans une perspective chrétienne, une interprétation de ce phénomène est qu'il s'agit d'une grâce spécifique accordée par Dieu à certaines personnes pour manifester aux hommes leur sainteté et la ressemblance qu'elles entretiennent avec le Christ (ce qui rejoint le thème spirituel selon lequel le chrétien se trouve nommé à «imiter le Christ» par sa propre vie).

Également, les stigmates sont fréquemment interprétés selon l'idée de «souffrances réparatrices» : dans ce cadre de pensée, la personne stigmatisée est vue comme compensant pour le manque d'amour que les hommes témoignent envers Dieu en acceptant de subir volontairement les mêmes tourments que ceux ressentis par le Christ sur sa croix. Selon la sotériologie catholique respectant les traditions, l'humanité a été racquise parce que le Christ a posé un acte d'amour de Dieu parfait en acceptant de vivre la passion malgré la souffrance que cela impliquait (un tel acte témoignait de son obéissance indéfectible à la volonté de son Père). D'une manière analogue, le stigmatisé contribue au salut de ses frères en témoignant de son amour de Dieu et de son attachement à sa volonté en acceptant par obéissance des souffrances identiques.

Du côté de ceux qui nient l'origine divine des stigmates, certains (en particulier les protestants, qui rejettent la théorie catholique du mérite) ont tendance à leur assigner une origine démoniaque. D'autres y voient un phénomène relevant de la parapsychologie. Cependant, l'hypothèse la plus couramment admise à ce sujet par les sceptiques est que les stigmates sont des manifestations hystériques.

Certains auteurs ont été portés à dresser des parallèles entre le phénomène des stigmates et les menstruations. Analysant le livre de Jean-Pierre Albert, Le sang et le Ciel. Les saintes mystiques dans le monde chrétien, Claudine Leduc rédigé : «Et Jean-Pierre Albert d'émettre l'hypothèse que la sainte, à cause de l'impureté du sang menstruel qui s'écoule du corps des femmes, est dans l'obligation de reconquérir sans cesse sa sainteté en faisant s'échapper de son corps un sang sublimé[1].» Des féministes ont même rédigé : «Un médecin, J. Lhermitte, a établi que la majorité des femmes (saintes ou non) ne sont stigmatisées qu'entre 15 et 50 ans, période durant laquelle la femme a ses règles. Les stigmates sont eux aussi soumis à des rythmes cycliques : «Natuzza Evolo (née en 1924) les voyait apparaître chaque année au cours du Carême, Gertrude d'Oosten (1358), chaque jour aux heures canoniales [mais] la formule la plus habituelle est qu'ils saignent le vendredi avec plus d'abondance, ou exclusivement ce jour-là, et sont à peine visibles le reste du temps»[2]. Vu que des hagiographes précisent fréquemment que le sang des stigmates est parfumé et que les saintes n'ont plus leurs règles[3], certains sceptiques sont portés à penser que la stigmatisation serait une conversion opérée par la conscience religieuse du sang menstruel : à un sang impur, pourvu, dit-on, d'une odeur forte et délétère, se substitue un sang dont le parfum signale la pureté[4]. De telles considérations, cependant, semblent difficilement conciliables avec le phénomène des stigmatisations masculines, qui présentent aussi d'identiques caractéristiques.

Culture

François d'Assise recevant les stigmates

Peinture

De nombreux tableaux de divers maîtres représentent les saints François d'Assise et sainte Catherine de Sienne, recevant ou montrant leurs stigmates.

Cinéma

Littérature

Dans son roman Le Complot des Franciscains [5], l'écrivain américain John Sack imagine que, à la mort de saint François d'Assise, sa dépouille a été enterrée dans un lieu secret qui ne sera découvert que plusieurs siècles plus tard. Le «complot» vise à préserver le mythe des stigmates de saint François, qui ont participé à la réputation du saint ainsi qu'à l'expansion de l'ordre des Franciscains. C'est une œuvre de fiction que l'auteur ne présente pas comme une thèse historique.

Le dénouement montre les stigmates de saint François comme les marques inaltérables d'une crise aiguë de lèpre[6].

Bibliographie

Notes

  1. Claudine Leduc
  2. J. -P. Albert, 1997 : 209
  3. C. Bynum, 1987 : 291-94
  4. La femme dans le christianisme : introduction
  5. Paru en 2005. Traduction en langue française : éd. Michel Lafon, 2006
  6. Il s'agirait de lèpre lépromateuse limitrophe, qui se distingue par une seule lésion de forme ovale et de couleur rosée sur le côté, mais aussi par une diminution de la vision et des croûtes maculaires sur les mains et les pieds, p. 451

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 07/07/2009.
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