Padre Pio

Padre Pio est le surnom d'un capucin et prêtre italien né Francesco Forgione, le 25 mai 1887 à Pietrelcina, mort le 23 septembre 1968.



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  • À en croire ce capucin, appelé Padre Pio da Pietrelcina, ses stigmates... Padre Pio est alors "surpris par un repos comparable à un doux sommeil".... (source : philagora)
  • Francesco Forgione plus connus sous le nom de Padre Pio est né en 1887 à Pietrelcina, ... Padre Pio cache les stigmates sur ses mains avec mitaines.... (source : mystere-tv)
  • auteurs - Dernier message : 26 oct 2007 Les stigmates du religieux italien Padre Pio, canonisé par l'Eglise en 2002, ne seraient.... Padre pio est toujours trés populaire en italie.... (source : forum.doctissimo)
Saint Pio de Pietrelcina
Image:Padre Pio.jpg
Frères mineurs capucins
25 mai 1887 à Pietrelcina (Italie)
Mort 23 septembre 1968 à San Giovanni Rotondo
Vénéré dans Église catholique romaine
Béatifié 2 mai 1999
Canonisé 16 juin 2002
Fête 23 septembre
Attributs Généralement en bure de frère mineur capucin avec des mitaines, en train de bénir
Saint Patron

Padre Pio est le surnom d'un capucin et prêtre italien né Francesco Forgione, le 25 mai 1887 à Pietrelcina (province de Campanie, Italie), mort le 23 septembre 1968. Il avait pris le nom de Pie (en italien Pio) lorsqu'il rejoignit l'ordre des frères mineurs capucins. Il fut réputé pour être le premier prêtre et l'un des rares hommes à qui on attribue des stigmates. Il a été canonisé par l'Église catholique romaine en 2002 sous le nom de Saint Pio de Pietrelcina.

Biographie

Né de Orazio Forgione, agriculteur, et de Giuseppa Da Nunzio, il est baptisé le lendemain à l'église Santa Maria degli Angeli (Sainte-Marie-des-Anges) de Pietrelcina, où il mène une jeunesse pieuse, pendant laquelle il aurait eu des visions mystiques ; dès cinq ans, Jésus-Christ lui serait ainsi apparu. [1] À quinze ans, il connaît ses premières extases spirituelles[1]. Il rejoint l'Ordre des frères mineurs capucins le 22 janvier 1903 à Morcone. À cause de sa santé fragile, il retourne dans sa famille, puis est envoyé dans divers couvents.

Il est ordonné prêtre à la cathédrale de Bénévent le 10 août 1910 et appelé à Santa Maria degli Angeli de Pietrelcina. Dés 1911, il signale à son confesseur, la naissance depuis un an, de signes rouges et de douleurs vives aux mains ainsi qu'aux pieds. [2]

Il est à partir du 4 septembre 1916 au couvent de San Giovanni Rotondo. Au cours de la Première Guerre mondiale, il sert dans le corps médical italien (1917–1918). C'est au cours de la guerre que se situe un événement raconté par le bénéficiaire lui-même. Le 24 octobre 1917, une attaque surprise des Autrichiens et des Allemands ayant percé les lignes italiennes et causé le désastre de Caporetto (Kobarid), le général Luigi Cadorna, commandant en chef et soldat valeureux, fut limogé. Retiré au palais de Zara, à Trévise, particulièrement marqué par sa défaite, il décida d'en finir et , s'apprêtait à tirer le coup de revolver fatal, quand il vit tout à coup entrer dans son bureau un moine capucin qui le convainquit de ne pas attenter à sa vie. Une fois le religieux reparti aussi soudainement qu'il était apparu, Cadorna tança les gardes en faction, leur reprochant d'avoir laissé passer sans l'annoncer un moine inconnu de tous. Les soldats jurèrent leurs grands dieux qu'ils n'avaient vu personne entrer ou sortir! Plusieurs années plus tard, le général voyant une photo de padre Pio dans un journal, reconnut le capucin qui lui avait sauvé la vie par des paroles de réconfort, un soir de novembre 1917.

Le 5 août 1918 puis le 20 septembre 1918, il manifeste des symptômes qui seront nommés transverbération (transpercement du cœur par un dard spirituel avec saignement réel) et stigmates (plaies du Christ sanguinolentes aux mains, aux pieds et au thorax), qu'il cherche à cacher avec des mitaines[3]. Selon le témoignage du Padre Pio :

«Je vis devant moi un personnage mystérieux dont les mains, les pieds, la poitrine, ruisselaient de sang. Je sentis mon cœur blessé par un dard de feu... Ce personnage disparut à ma vue et je m'aperçus que mes mains, mes pieds, ma poitrine étaient percés et ruisselaient de sang !»[3]

Dès 1919, le Saint-Office s'occupe de son cas et fait examiner les stigmates par des médecins.

De 1924 à 1928, trois visiteurs apostoliques viendront enquêter auprès de lui. Des médecins et des psychiatres l'examinent, craignant des manifestations hystériques. Il est néenmoins déclaré sain et sincère. [3]

Il est par conséquent particulièrement critiqué, non du fait de son état, mais à cause des débordements des fidèles [4]; il est aussi remis en cause par sa hiérarchie qui voit dans sa popularité une menace et une dérive, et l'oblige le 23 mai 1931 à cesser toutes activités publiques, en célébrant la messe dans la chapelle intérieure du couvent puis dans sa cellule[1]. Des témoignages. [5]persistent cependant concernant des phénomènes surnaturels, surtout sur des fragrances insolites projetées à distance, en plus de l'odeur de sainteté qui l'accompagnait généralement :

«... il est souvent arrivé que des personnes... aient senti ce mystérieux parfum, à des distances énormes du couvent où se trouvait Padre Pio... »[5]

Durant toute sa vie, il aurait subi presque quotidiennement les attaques physiques et morales de «Satan» dont les «cosaques»[6], comme il les nommait, seraient venu nuitamment le frapper, faisant tant de bruit dans le monastère que certains moines, terrifiés, auraient demandé leur mutation.

Dès cette époque, le Padre Pio est reconnu par la ferveur populaire comme un grand saint thaumaturge[7][8] du XXe siècle, ayant accompli une grande variété de miracles de guérison instantanée en présence de nombreux témoins. [3] On lui prête aussi le don de bilocation (apparition simultanée en deux lieux) [3], en plus de phénomènes spécifiques telle l'hyperthermie (température particulièrement élevée du corps, au delà de 48°) [9] ou l'inédie (abstention prolongée de nourriture ou de boisson au delà de deux mois) [10] ou la connaissance de langues qui lui étaient étrangères[11]. La lévitation, quoique relayée par la rumeur, ne reçoit que l'unique témoignage du Padre lui-même. [12].

Le 14 juillet 1933 le Saint-Office l'autorise à nouveau à célébrer des messes ainsi qu'à entendre des confessions.

Le 9 janvier 1940, il ébauche les plans pour une Casa Sollievo della Sofferenza «Maison pour soulager la souffrance». Le dispensaire ouvre en 1954, mais l'inauguration officielle n'a lieu que le 5 mai 1956. À la même époque, le Padre Pio fonde des Groupes de prière pour guérir et soulager les âmes.

Dès 1947, des mesures sont à nouveau prises à San Giovanni Rotondo suite à la visite du père général de l'ordre des Capucins, qui constate un certain désordre liturgique à cause de la piété excessive de certains fidèles.

À partir des années 1950 un immense scandale financier secoue le monde catholique italien. Des fonds ont été détournés pour des profits personnels et d'autres ont été positionnés à perte dans les magouilles du banquier Giuffré [13] : les Capucins, comme énormément d'autres, sont en faillite. Padre Pio n'est pas mis en cause dans cette affaire et il est ainsi relevé de ses vœux de pauvreté afin d'avoir toute liberté de gérer les fonds de ses fidèles pour la Casa Sollievo della Sofferenza. Il devait alors subir maintes brimades et persécutions de ses pairs qui tentaient de s'approprier son "trésor".

Le 30 juillet 1960 un nouveau visiteur apostolique vient examiner les troubles et constate une dévotion excessive amenant un commerce d'objets touchant Padre Pio, tels que des morceaux de tissus prétendument imbibés du sang des stigmates[7]. Suite à cette visite, le Saint-Office entreprend de limiter les apparitions publiques du Padre Pio qui a acquis une renommée comme ouvrier de miracles, œuvrant jusqu'à 19 heures par jour au sein de son église. En novembre 1961, le Supérieur de l'Ordre demande à Padre Pio de restituer les fonds des fidèles pour renflouer les caisses - ce qu'il fit.

Ce n'est qu'à la demande expresse du pape Paul VI, qu'il est à nouveau pleinement autorisé à effectuer son office sans restriction, à partir du 30 janvier 1964.

Le 7 juillet 1968, le Padre Pio est victime d'une attaque. Le 22 septembre 1968, il célèbre la messe solennelle du cinquantenaire de ses stigmates qu'il exprime ainsi :

«Cinquante ans de vie religieuse, cinquante ans cloué à la croix, cinquante ans de feu dévorant pour toi, Seigneur, pour les êtres que tu as racquiss. »[1].

Le soir même il reçoit l'extrême onction et s'éteint quelques heures plus tard, tôt le matin du 23 septembre 1968.

Selon Yves Chiron, «Lors des funérailles, tandis que son cadavre reposait déjà dans la crypte, la foule de fervents réunis au dehors chanta des cantiques spécifiquement aimés du Padre Pio. Soudain, on entendit des exclamations de joie : le Padre Pio apparaissait, souriant, le visage tourné vers la gauche, sur la vitre de ce qui avait été sa cellule ! On voyait nettement sa bure, jusqu'au ventre, et la cordelière, tels que je les avais vus. Aux cris de «Miraculo !» de la foule, le père gardien du couvent dépêcha un moine sur les lieux. Et ce dernier revint avec l'information invraiidentique : le Padre apparaissait sur la vitre. Alors, pour donner une bonne leçon de réalisme à tous ceux qu'il pouvait considérer comme des exaltés, des fanatiques, il donna l'ordre d'ouvrir la fenêtre de la cellule du Padre et de tendre un drap blanc. Eh bien ! après un «Ah» de déception de la foule, retentirent tout à coup des «Oh ! Oh !» joyeux et amusés : la «photo vivante» du Padre apparaissait à la fois sur l'ensemble des vitres de cette façade du couvent de Sainte-Marie-des-Grâces.»[14]

Vingt millions de personnes ont assisté à ses messes, et cinq millions s'y sont confessés. [15] On lui prête des guérisons miraculeuses de paralysies, tuberculoses, fractures, broncho-pneumonies, méningites, cécités et cancers, dont il attribue toujours humblement l'action à Jésus ou Marie[12] D'autre part, de nombreuses personnes déclarent s'être converties suite à une rencontre avec lui[3].

Les investigations du Vatican

Le Padre Pio a fait l'objet de deux investigations officielles conduites par les autorités du Saint-Siège dès le 20 mars 1983, qui conclurent à l'authenticité de certains miracles en 1990, après avoir rassemblé 73 témoignages en 104 volumes. [6]

Suite à l'avis favorable donné le 13 juin 1997 par la Congrégation pour la cause des saints, le Padre Pio est déclaré bienheureux le 2 mai 1999 et le 16 juin 2002, Jean-Paul II le canonise sous le nom de sanctus Pius de Pietrelcina tout en ouvrant une procédure de reconnaissance officielle des stigmates par l'Eglise. Sa tombe est ainsi devenue un haut lieu de pèlerinage.

Le 3 mars 2008, le Vatican a fait procéder à l'exhumation du corps de Padre Pio. Ce dernier a été déclaré en bon état de conservation générale, ses mains étant surtout incorrompues. Il est exposé sous verre à la vénération publique jusqu'en septembre 2009.

La question des stigmates

Les «stigmates» de Padre Pio ont été examinés par des médecins à plusieurs reprises, surtout à l'instigation de sa hiérarchie.

Les stigmates visibles.

Dès 1919, le Saint-Office mande le Dr L. Romanelli, de l'hôpital de Barletta, qui l'examine plusieurs fois en 1919 et 1920 :

«La blessure du thorax montre clairement qu'elle n'est pas superficielle. Les mains et les pieds sont transpercés de part en part. »[3]

«Je ne peux trouver une formulation clinique qui m'autorise à classer ces plaies. »[16]

Certains témoins disent avoir pu voir au travers des trous de ses mains qui n'auraient par conséquent pas été superficielles[3].

En 1919, un médecin athée, le Pr Bignami, fait poser des scellés sur les bandages, pour écarter l'hypothèse de l'utilisation volontaire d'acide sur les plaies[3] En 1920 et 1925, le Dr Festa réexamine le Padre et conclut à :

«... des phénomènes, reliés harmonieusement entre eux, qui se soustraient au contrôle des recherches objectives et de la science. »[3]

Le corps de Padre Pio ne comportait aucune trace de stigmates ou de cicatrices lors de l'examen post-mortem. [3]

En 2007, l'historien Sergio Luzzatto a défendu la thèse de la supercherie des stigmates de Padre Pio et de ses miracles. La nouveauté de son argumentation est de prendre appui sur un document jusqu'ici peu connu et présent aux archives du Vatican. Il s'agit du témoignage d'une pharmacienne qui affirme que le Padre Pio lui aurait passé commande, en 1919, et dans "le plus grand secret" de 4 grammes d'acide carbolique, prétextant qu'il en avait besoin pour désinfecter les seringues utilisées par lui et un autre frère pour vacciner, en l'absence de médecins, les membres du couvent contre la grippe espagnole. Sur cette base et celle des autres dénonciations mentionnées, l'auteur conclut à un truquage des plaies par Padre Pio[17], [18].

Cette thèse qui n'est pas nouvelle[19] a aussitôt été dénoncée par l'organe de l'Ordre des Capucins en invoquant le peu de crédibilité scientifique des allégations et la manipulation médiatique. [20]

Une procédure de reconnaissance des stigmates a été engagée lors de la canonisation de Padre Pio et n'a pas pour l'instant abouti. A ce jour, seuls François d'Assise et Catherine de Sienne sont reconnus par l'Église catholique romaine comme stigmatisés.

Bibliographie

On dénombre pas moins de 600 ouvrages consacrés au Padre Pio. Sa correspondance a été éditée, mais aussi des recueils de propos qu'il aurait tenu :

Notes et références

  1. abcd (it) Aa. vv, Il grande libro di Padre Pio, Edizioni San Paolo, cité in Les stigmates de la foi
  2. Padre Pio, Lettre du 8 septembre 1911 au père Benedetto, cité in Padre Pio da Pietrelcina, les stigmates de la foi, Médiaspaul, 2000. (anthologie posthume)
  3. abcdefghijk J. Guitton / J-J. Antier, Les mystérieux pouvoirs de la foi, Paris, Perrin, 1993.
  4. Christopher McKevitt, Contestation et fabrication d'un culte. Le cas de Padre Pio de Pietrelcina, Terrain n°24, 1995.
  5. ab E. Boniface, Padre Pio de Pietrelcina, Paris, La Table Ronde, 1966.
  6. ab Padre Pio, Paroles de lumières, Salvator, 2000.
  7. ab A Padre's Patience, Article de [[Time (magazine) |]], 24 avril 1964
  8. Article de l'Express et Don Francesco Saverio Bazzoffi
  9. E. Boniface, Padre Pio le crucifié, Paris N. E. L., 1971.
  10. J. Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, Paris, le Jardin des Livres, 2004
  11. Padre Pio, Epistolario I, San giovanni Rotondo, 2000.
  12. ab P. Lesourd, Les mystères de Padre Pio, France-Empire, 1969.
  13. Jean Derobert, Padre Pio, transparent de Dieu, Éd. Hovine 1987.
  14. Yves Chiron, Padre Pio le stigmatisé, Éditions Perrin, 2002.
  15. F. Contessa, Padre Pio, Edizioni San Paolo, cité in Les stigmates de la foi, op. cit. .
  16. M. Wnowska, il vero volto di Padre Pio, Edizioini San Paolo, cité in Padre Pio da Pietrelcina, les stigmates de la foi, Médiaspaul, 2000. (anthologie posthume)
  17. Padre Pio fait sa réapparition, in Le Monde, 24 avril 2008, page 21
  18. (it) «Padre Pio, un immenso inganno». Corriere della Sera
  19. (it) P. Gætano Da Flumeri, Le stigmate da padre Pio de pietrelcina Testimonianze, Relazioni, San Giovanni Rotondo, Ed. Padre Pio da Pietrelcina, 1985.
  20. (it) Voce di padre Pio

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 07/07/2009.
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